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Realpolitik…

26 mai, 2008 · Pas de commentaire

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Catégories : Actualité nationale · France
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Motion de censure socialiste c/ la politique étrangère du gouvernement

8 avril, 2008 · Pas de commentaire

PARIS (AFP) - Les députés de gauche ont mis en garde mardi contre le risque d’un “enlisement” en Afghanistan et contre “l’alignement” sur les Etats-Unis engagé selon eux par Nicolas Sarkozy, en défendant une motion de censure, la première du quinquennat, qui, sans surprise, a été rejetée.
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La motion, défendue au titre de l’article 49-2 de la Constitution sur une initiative du PS, n’a recueilli que 227 voix, loin de la majorité actuellement requise de 288 voix. Toutes les motions de censure déposées depuis 20 ans ont été rejetées.

La gauche a fait le plein des voix. Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a lui aussi voté la motion pour “que les Français sachent qu’il y a encore des gaullistes à droite”, condamnant un alignement sur Washington et l’envoi “de soldats à la boucherie” en Afghanistan.

En revanche, François Bayrou (MoDem), après avoir hésité sur la démarche à adopter, ne s’est pas associé à cette motion, estimant qu’Afghanistan et Otan “méritent des réponses différentes”.

Défendant la motion à la tribune, le patron du PS, François Hollande, a exprimé le “double refus” de la gauche au “changement de nature de notre engagement en Afghanistan” et à “l’intégration de la France dans l’Otan”.

Applaudi par la gauche, il a alerté contre le risque “d’enlisement” et “d’engrenage” à Kaboul. Quant à l’Otan, “nous allons y perdre en indépendance ce que nous ne gagnerons pas en sécurité”, a-t-il lancé.

Plus incisif encore, Noël Mamère (Verts) a affirmé que la “guerre” en Afghanistan n’était “pas gagnable parce que ses méthodes, ses objectifs, son contenu sont entièrement dirigés à partir des orientations de guerre préventive voulues par George Bush”.

“On aurait presque envie de dire: MM. Chirac et Villepin, revenez, ils sont devenus fous !”, a-t-il lancé au gouvernement et à la majorité.

Fustigeant un “anti-américanisme primaire”, François Fillon, lui aussi très applaudi par ses troupes, a longuement -45 minutes- récusé toute dérive atlantiste de la France, accusant à son tour la gauche de ne pas avoir de “plan sérieux” pour l’Afghanistan et de faire preuve de “conservatisme et de repli frileux”.

“Qui peut croire un instant que nous mettions le sort de nos forces en Afghanistan en balance avec l’avenir de l’Otan, qui peut croire que les décisions du président s’attachent aux desiderata des Etats-Unis ou de n’importe quelle autre puissance?”, a-t-il lancé en s’employant à convaincre son camp, gaullistes et souverainistes surtout, du bien-fondé du virage amorcé par le chef de l’Etat.

En écho, Jean-François Copé (UMP) a lui aussi estimé qu’il ne fallait pas “opposer l’Otan et la défense européenne” mais les rendre “complémentaires”.

Saluant la présence militaire en Afghanistan au nom de la “lutte contre le terrorisme”, il a dénoncé, sept ans après “l’Union sacrée” de 2001, une opposition “figée dans ses conservatismes” qui “fuit ses responsabilités” et “recule face aux difficultés”.

“Préconisez-vous le retour des talibans à Kaboul, avec leur cortège d’horreurs: lapidation, soumission des femmes, bannissement de l’éducation et de la santé, négation de la culture?”, a lancé M. Copé, qui n’en a pas moins réclamé “une évaluation régulière des résultats obtenus sur place” par l’Otan.

Se posant en allié inconditionnel sur ce terrain, François Sauvadet (Nouveau Centre) a pleinement approuvé les orientations élyséennes et estimé que les soldats n’avaient “pas besoin de censure mais de soutien”.

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La France et l’OTAN

7 avril, 2008 · Pas de commentaire

Les symboles comptent. En politique comme ailleurs, on ne les malmène pas sans risque. Depuis 1966, la France ne fait plus partie du commandement intégré de l’OTAN (l’Organisation du traité de l’Atlantique nord) tout en étant restée membre de l’alliance politique constituée autour des Etats-Unis pour faire face à l’URSS durant la guerre froide. De Gaulle a jugé, il y a quarante-deux ans, que le maintien de la France dans une structure militaire dominée par Washington était une atteinte à la souveraineté nationale. Depuis, cette posture d’allié de l’Amérique pas tout à fait comme les autres est l’un des marqueurs de l’identité française en politique étrangère. Un symbole, en somme, un des éléments du consensus national. C’est à ce symbole-là que M. Sarkozy s’apprêterait à porter atteinte.

Le chef de l’Etat l’a redit jeudi 3 avril à l’issue du sommet de l’OTAN réuni à Bucarest : Paris envisage de réintégrer, en 2009, le commandement militaire de l’Alliance. En France, à gauche comme à droite, certains y voient un crime d’”alignement bushiste”, le retour à un statut de vassal des Etats-Unis ; ils stigmatisent la trahison d’un héritage gaulliste jamais encore remis en cause.

La réalité est plus complexe. D’une part, c’est le président Jacques Chirac qui, le premier depuis de Gaulle, caressa en 1995 l’idée d’un retour de la France dans la structure militaire intégrée de l’OTAN. D’autre part, des officiers français participent en permanence ou presque à tous les commandements intégrés ad hoc mis sur pied par l’OTAN pour assurer différentes missions depuis la fin de la guerre froide. Justement, dira-t-on, quel intérêt à vouloir officialiser un retour plein et entier dans l’OTAN ? Quelle raison supérieure peut justifier un renoncement à une posture politique - membre de l’OTAN, mais pas à part entière - qui a façonné la singularité de la France sur la scène internationale ?

MM. Chirac et Sarkozy partagent cette conviction : l’Europe ne jouera un rôle dans le monde que si elle se dote d’une politique de défense. Problème : les partenaires européens de la France restent attachés à l’OTAN. Ils veulent être assurés que l’Europe de la défense ne se fera pas contre l’OTAN. C’est aussi la position sourcilleuse de Washington.

Sur la défense, les Européens ne suivront la France que si elle cesse de manifester sa défiance à l’égard de l’Alliance. D’où l’idée de leur donner un gage en rejoignant le commandement intégré, dès lors que les Etats-Unis ne s’opposeront plus à une Europe de la défense coexistant avec l’OTAN. George Bush a prononcé à Bucarest un discours en ce sens. Avant de revenir sur la décision de 1966, M. Sarkozy devra obtenir de vraies garanties américaines, des gestes, pas seulement un discours. Et soumettre ce changement de cap au Parlement.
Article paru dans l’édition du Monde, du 05.04.08. (Edito)

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