PARIS (Reuters) - Les dirigeants des groupes UMP et PS de l’Assemblée se rencontreront mardi au Palais-Bourbon pour une phase de dialogue en vue d’un éventuel compromis sur le projet de loi sur la réforme des institutions.”Le but de cette rencontre est d’essayer de trouver un compromis sur cette réforme, sachant que ni Jean-François Copé, ni Jean-Marc Ayrault ne sont d’accord sur ce texte en l’état”, a-t-on précisé à Reuters au groupe UMP.
“C’est une simple phase de dialogue. On verra ensuite. Nous présenterons nos propositions et nous évoquerons le report à l’automne de l’examen de cette réforme, après les sénatoriales”, a-t-on précisé au groupe socialiste, radical et citoyen (SRC).
Cette réunion aura lieu vers 17h00 et réunira les présidents et vice-présidents respectifs des deux groupes.
Le “patron” du groupe UMP, Jean-François Copé, sera accompagné de ses deux vice-présidents, Jean Leonetti et Bernard Deflesselles. Son homologue socialiste, Jean-Marc Ayrault, s’y rendra avec Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Bernard Roman.
Dans Le Monde, daté du 3 mai, Arnaud Montebourg confirme que les socialistes ont décidé de “laisser une chance à la réussite de la négociation.”
“Les quelques jours de discussion dont nous disposons ne suffiront peut-être pas à rapprocher les points de vue. Mais nous sommes prêts à un compromis bipartisan. Ce qui suppose que chacun fasse un pas”, ajoute-t-il.
Les élections sénatoriales sont prévues le 28 septembre. Les socialistes demandent notamment une modification du mode de scrutin pour les élections à la haute assemblée.
NOMBREUSES AUDITIONS
Jean-François Copé avait lancé lundi dernier, dans le quotidien Le Parisien, un appel à son homologue socialiste pour lui demander de travailler “main dans la main” sur cette réforme. Il avait réitéré son appel le lendemain lors de son point de presse hebdomadaire.
Le projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République, qui a été présenté le 23 avril en conseil des ministres, devrait être débattu en séance publique par les députés à partir du mardi 20 mai.
L’opposition demande le report de l’examen de ce texte à l’automne. Mais Roger Karoutchi, le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, s’y est opposé mercredi tout en se disant ouvert à la discussion.
La commission des Lois de l’Assemblée a commencé mercredi sa série d’auditions ouvertes à la presse sur ce texte avec celle du garde des Sceaux Rachida Dati.
De nombreux juristes et hommes politiques, a-t-on appris vendredi, seront auditionnés la semaine prochaine par la commission des Lois que préside Jean-Luc Warsmann (UMP).
Ainsi, elle entendra lundi Jean-François Copé, François Bayrou, le président du Modem, Jean Gicquel et Pierre Avril, professeurs émérites à l’université de Paris I et II ou bien encore l’ancien député et ancien président du Conseil constitutionnel Pierre Mazeaud, vice-président du Comité de réflexion et de propositions sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République.
Mardi, outre le premier président de la Cour de cassation, Vincent Lamanda, elle auditionnera le député socialiste Jack Lang, lui aussi vice-président du Comité de réflexion, ou bien encore le communiste Jean-Claude Sandrier, président du groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) de l’Assemblée.
Enfin, la commission des Lois entendra mercredi, outre Jean-Marc Ayrault, Jean-Paul Delevoye, le médiateur de la République, le constitutionnaliste Guy Carcassonne, lui aussi membre du Comité de réflexion, ou bien encore Jean-Louis Nidal, procureur général près la Cour de cassation.
Emile Picy