Selon rue 89 : huit socialistes en lisse pour la succession de François Hollande
http://www.rue89.com/2008/05/04/succession-de-hollande-huit-socialistes-pour-un-fauteuil
Selon rue 89 : huit socialistes en lisse pour la succession de François Hollande
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Taggé: Parti socialiste, Succession, Trône
PARIS (Reuters) - Les dirigeants des groupes UMP et PS de l’Assemblée se rencontreront mardi au Palais-Bourbon pour une phase de dialogue en vue d’un éventuel compromis sur le projet de loi sur la réforme des institutions.”Le but de cette rencontre est d’essayer de trouver un compromis sur cette réforme, sachant que ni Jean-François Copé, ni Jean-Marc Ayrault ne sont d’accord sur ce texte en l’état”, a-t-on précisé à Reuters au groupe UMP.
“C’est une simple phase de dialogue. On verra ensuite. Nous présenterons nos propositions et nous évoquerons le report à l’automne de l’examen de cette réforme, après les sénatoriales”, a-t-on précisé au groupe socialiste, radical et citoyen (SRC).
Cette réunion aura lieu vers 17h00 et réunira les présidents et vice-présidents respectifs des deux groupes.
Le “patron” du groupe UMP, Jean-François Copé, sera accompagné de ses deux vice-présidents, Jean Leonetti et Bernard Deflesselles. Son homologue socialiste, Jean-Marc Ayrault, s’y rendra avec Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Bernard Roman.
Dans Le Monde, daté du 3 mai, Arnaud Montebourg confirme que les socialistes ont décidé de “laisser une chance à la réussite de la négociation.”
“Les quelques jours de discussion dont nous disposons ne suffiront peut-être pas à rapprocher les points de vue. Mais nous sommes prêts à un compromis bipartisan. Ce qui suppose que chacun fasse un pas”, ajoute-t-il.
Les élections sénatoriales sont prévues le 28 septembre. Les socialistes demandent notamment une modification du mode de scrutin pour les élections à la haute assemblée.
NOMBREUSES AUDITIONS
Jean-François Copé avait lancé lundi dernier, dans le quotidien Le Parisien, un appel à son homologue socialiste pour lui demander de travailler “main dans la main” sur cette réforme. Il avait réitéré son appel le lendemain lors de son point de presse hebdomadaire.
Le projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République, qui a été présenté le 23 avril en conseil des ministres, devrait être débattu en séance publique par les députés à partir du mardi 20 mai.
L’opposition demande le report de l’examen de ce texte à l’automne. Mais Roger Karoutchi, le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, s’y est opposé mercredi tout en se disant ouvert à la discussion.
La commission des Lois de l’Assemblée a commencé mercredi sa série d’auditions ouvertes à la presse sur ce texte avec celle du garde des Sceaux Rachida Dati.
De nombreux juristes et hommes politiques, a-t-on appris vendredi, seront auditionnés la semaine prochaine par la commission des Lois que préside Jean-Luc Warsmann (UMP).
Ainsi, elle entendra lundi Jean-François Copé, François Bayrou, le président du Modem, Jean Gicquel et Pierre Avril, professeurs émérites à l’université de Paris I et II ou bien encore l’ancien député et ancien président du Conseil constitutionnel Pierre Mazeaud, vice-président du Comité de réflexion et de propositions sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République.
Mardi, outre le premier président de la Cour de cassation, Vincent Lamanda, elle auditionnera le député socialiste Jack Lang, lui aussi vice-président du Comité de réflexion, ou bien encore le communiste Jean-Claude Sandrier, président du groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) de l’Assemblée.
Enfin, la commission des Lois entendra mercredi, outre Jean-Marc Ayrault, Jean-Paul Delevoye, le médiateur de la République, le constitutionnaliste Guy Carcassonne, lui aussi membre du Comité de réflexion, ou bien encore Jean-Louis Nidal, procureur général près la Cour de cassation.
Emile Picy
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Taggé: Débat, Assemblée Nationale, Institutions
Le projet de Nicolas Sarkozy d’”Union pour la Méditerranée” (UPM), qui doit être lancé le 13 juillet lors d’un sommet à Paris, risque de se heurter aux mêmes difficultés que le “processus de Barcelone” lancé par les Européens en 1995 en direction des pays de la rive sud : les tensions au Proche-Orient et la défiance des dirigeants arabes à l’égard d’Israël.
Certains chefs d’Etats arabes ont fait part de leurs réticences à participer à un sommet auquel doit être convié le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, au moment où la situation continue de se dégrader à Gaza et où le processus de paix apparaît dans l’impasse.
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a fait savoir qu’il ne viendrait pas, expliquant qu’il lui serait impossible de s’asseoir à la même table qu’Ehoud Olmert. La participation du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, n’est pas assurée : sans exclure de venir, il a indiqué que sa décision dépendrait de la situation au Proche-Orient.
La question de la présence du président de la Syrie, Bachar Al-Assad, reste ouverte. Viendra-t-il ? “Cela varie de jour en jour”, commente un responsable français. Le 30 décembre 2007, M. Sarkozy avait annoncé la suspension des contacts politiques à haut niveau avec le régime syrien, pour protester contre les blocages politiques au Liban. Cette décision, souligne-t-on à Paris, n’empêchera pas une invitation d’être adressée, mais M. Sarkozy évitera d’avoir un entretien bilatéral avec son homologue syrien en marge du sommet.
Des diplomates français constatent que l’image “pro-israélienne” de M. Sarkozy et de son ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, complique la donne. Le président français doit effectuer une visite en Israël fin juin, deux semaines avant le sommet de l’Union pour la Méditerranée. Elle sera attentivement suivie par les dirigeants arabes, ainsi qu’une autre échéance : le 16 juin, dans une démarche appuyée par la France, l’UE devrait offrir un partenariat renforcé à Israël.
Pour convaincre les hésitants de venir au sommet méditerranéen, M. Sarkozy a demandé au président égyptien Hosni Moubarak (qu’il a reçu le 22 avril à l’Elysée) de jouer les médiateurs, notamment auprès du colonel Kadhafi. “Le président Moubarak a dit qu’il ferait tout pour que la rive sud soit représentée au plus haut niveau”, commente-t-on à l’Elysée.
Le président égyptien, auquel pourrait être offert la “coprésidence” de l’UPM, aux côtés de M. Sarkozy, a été particulièrement courtisé par Paris. De même que le président tunisien, Zine El-Abidine Ben Ali : les officiels français lui font miroiter la création, en Tunisie, d’un secrétariat de l’UPM (l’Allemagne est toutefois réticente). Le roi du Maroc, Mohammed VI, a cherché, de son côté, à obtenir des assurances avant de confirmer sa présence. Il voulait que rien ne puisse entraver l’obtention par son pays d’un “statut avancé” auprès de l’UE. La France a plaidé au sein de l’UE pour ce statut qui privilégie le Maroc.
“Le problème de la présence des chefs d’Etat arabes le 13 juillet dépend largement de celle d’Olmert”, commente un connaisseur du dossier à Paris. “On n’est pas dans la même configuration qu’en 1995, quand le processus de Barcelone était né des espoirs liés aux accords d’Oslo. Si la situation empire à Gaza, les négociations seront difficiles pour le sommet.”
Le 8 avril, lors d’une réunion à Bruxelles de hauts fonctionnaires du “processus de Barcelone”, les pays arabes ont insisté pour que les questions politiques et le processus de paix ne soient pas délaissés au sein de l’UPM. Les représentants français, ce jour-là, auraient préféré discuter de projets concrets, comme la dépollution de l’eau ou la création d’un espace universitaire méditerranéen.
Natalie Nougayrède (avec Philippe Ricard à Bruxelles)
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Taggé: Méditerranée, Sarkozy, Union
UNIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a déclaré ne pas avoir de leçon à donner à la Tunisie en matière des droits de l’homme et justifié la politique du président Zine el Abidine ben Ali contre le terrorisme et l’extrémisme religieux.
“Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m’ériger en donneur de leçons”, a déclaré le président français dans un toast prononcé lors d’un dîner offert en son honneur à Tunis par son hôte tunisien.
Il a dit au contraire vouloir rendre hommage à la “lutte déterminée” de son homologue tunisien contre le terrorisme, “qui est le véritable ennemi de la démocratie”.
“Pour la France, la lutte contre le terrorisme engagée ici, c’est important”, a-t-il poursuivi. “Car qui peut croire que si demain, après-demain, un régime du type taliban s’installait dans un de vos pays au Nord de l’Afrique, l’Europe et la France pourraient considérer qu’elles sont en sécurité ? J’appelle chacun à réfléchir à cela.”
Des organisations de défense des droits de l’homme accusent le pouvoir tunisien d’attenter aux libertés fondamentales sous couvert de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme islamique. Amnesty International et Human Rights Watch notamment font état de cas de mauvais traitements, voire de cas de torture.
Les défenseurs des droits de l’homme souhaitaient que Nicolas Sarkozy fasse pression sur le président tunisien à l’occasion de sa visite d’Etat et demande notamment la libération de prisonniers politiques.
Le président français les a pris à contre-pied en estimant au contraire que la Tunisie pouvait “se comparer sans rougir à tant d’autres pays”.
Il a salué l’héritage du défunt fondateur de la Tunisie moderne, Habib Bourguiba, notamment en matière de condition et de statut de la femme, et il a félicité son successeur, Zine el Abidine ben Ali, d’avoir “repris cet héritage et cette vision”.
SARKOZY DIT FAIRE CONFIANCE À BEN ALI
Le code du statut personnel mis en place par Habib Bourguiba dans les années 1950 “était en avance non seulement sur les pays de la région, mais aussi sur des pays européens où le principe d’égalité ne s’appliquait pas alors totalement à la femme”, a souligné le président français.
Il s’est également félicité de ce que la Tunisie se soit engagée “dans la promotion des droits universels et des libertés fondamentales en respectant (…) notamment un moratoire strict sur la peine capitale”.
Nicolas Sarkozy a fait valoir que la Tunisie pourrait rejoindre d’ici la fin de la prochaine décennies des pays européens comme la Grèce et le Portugal en termes de revenus.
“Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse (en Tunisie)”, a-t-il ajouté. “Ces signaux, ces réformes s’inscrivent sur un chemin étroit et difficile mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus (…) Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l’avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur.”
Il a rappelé à ce propos que l’histoire récente de l’Europe n’était pas exempte de “tragédies abominables”.
“J’ai pleinement confiance dans votre volonté de vouloir continuer à élargir l’espace des libertés en Tunisie”, a-t-il ajouté à l’adresse de Zine el Abidine ben Ali.
L’Elysée laisse entendre que Nicolas Sarkozy s’est réservé la possibilité d’évoquer des dossiers individuels dans l’intimité de ses entretiens en tête-à-tête avec le président tunisien mais qu’il n’a pas l’intention d’en parler publiquement.
“On sait qu’avec la Tunisie, moins on en dit, plus on avance”, explique-t-on de source diplomatique française.
Alors que la France a signé lundi soir avec la Tunisie un accord-cadre de coopération dans le domaine de l’atome civil, Nicolas Sarkozy a, par ailleurs, de nouveau défendu sa diplomatie du nucléaire et sa volonté de permettre à des pays en voie de développement comme la Tunisie d’accéder à cette énergie.
“Grâce à (cette) énergie du futur, on aura le développement et la croissance et donc, on aura la misère qui reculera”, a-t-il dit. “C’est par le savoir et la croissance qu’on luttera contre les terroristes.”
Emmanuel Jarry
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Taggé: Droits de l'Homme, Méditerranée, Sarkozy, Tunisie
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Taggé: Sarkozy, Télévision, vidéo
Extraits (intéressant les affaires juridiques) de la réforme des institutions, adoptée aujourd’hui en Conseil des ministres :
- possibilité pour les justiciables de contester, par voie d’exception, la constitutionnalité de dispositions législatives déjà promulguées. Ce contrôle a posteriori serait confié au Conseil constitutionnel, le Conseil d’Etat et la Cour de cassation assurant un rôle de filtre
- institution d’un “défenseur des droits des citoyens”, qui pourra être saisi par toute personne s’estimant lésée par le fonctionnement d’un service public. Il reprendra les attributions du médiateur de la République, du contrôleur général des prisons ainsi que celles de la Commission nationale de déontologie de la sécurité
- refonte du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qui ne sera plus présidé par le chef de l’Etat. Les magistrats seront minoritaires au sein du conseil. Possibilité de saisine disciplinaire du CSM par les justiciables. Avis du CSM sur les nominations de procureurs généraux
- réforme du Conseil économique et social, qui pourra être saisi par voie de pétition citoyenne. Sa composition fera davantage de place aux organisations non gouvernementales, aux jeunes “et le cas échéant aux grands courants spirituels”
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Taggé: Justice, Réforme, Institutions
En surface, la justice est un domaine qui depuis “l’affaire d’Outreau”, occupe régulièrement l’actualité. Entre manipulation et fantasme la réforme se fait dans la plus grande confusion sur fond d’une affaire qui en réalité ne se prêtait pas à une telle polémique.
L’on peut parler de confusion car, la refonte de la carte judiciaire l’a montré, il est inquiétant de voir comment la réforme se fait, sans la participation des acteurs. Or, il est préoccupant qu’une telle réforme soit menée dans une optique de pure gestion administrative, dans la précipitation et surtout en réalité sans vision politique.
Ces réformes se font ensuite dans le fantasme insidieux d’un gouvernement des juges auréolés d’une prétendue irresponsabilité (il suffit d’ouvrir ses codes pour constater que cela est faux). Il y a un abîme pour en arriver à ce point. Mais ce fantasme s’explique et se comprend aussi par le caractère discret d’une justice qui s’accommode mal de la médiatisation ainsi que par des archaïsmes dans son fonctionnement. Il est vrai que de nombreuses réformes sont nécessaires et la réforme de l’ENM notamment va dans le sens du changement de ce corps qui en a grand besoin.
Mais s’il y a archaïsme c’est peut être aussi dans la défiance que la justice peut parfois susciter. Il est surprenant de voir que certains ne semblent pas avoir dépassé le conflit du Roi avec les parlements. Notre constitution avait donc trouvé un compromis en ne faisant de la justice qu’une autorité, non un pouvoir.
Cependant, pour citer le général (une fois n’est pas coutume !), la constitution c’est « un esprit, des institutions » mais aussi « une pratique ». Côté « pratique », où vas t-on lorsque la garde des sceaux nous dit que « les magistrats tiennent leur légitimité du président » ? Outre, que cela laisse à penser que Madame Dati a oublié ses cours de droit constitutionnel, c’est bien la manipulation qui transparaît. Que penser encore quand, sous prétexte de prendre en compte l’affaire d’Outreau, ont réduit le nombre de magistrats recrutés directement à la sortie de l’Université de 39,5% en 4 ans (de 230 en 2004 a 139 l’année dernière) car plus jeunes donc supposés plus facilement défaillants ? Cela sans augmenter le nombre de recrutements parallèles (de personnes plus âgées et venant d’horizon professionnels variés) de manières significatives, ce qui abouti de facto à une baisse de 26 % du nombre total de recrutement par an de magistrats en 4 ans. Qu’on ne change rien (en l’état du projet de réforme de l’ENM) aux limites d’âges alors que c’est la jeunesse d’un magistrat, entre autre, qui a parfois été incriminée? La réforme, oui, car elle est nécessaire, mais que veut on vraiment fondamentalement pour notre justice ? Qu’est ce qui doit le plus nous inquiéter pour l’avenir, un gouvernement des juges ou un Etat sans juge ?
Jean-Baptiste Reynaud
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Taggé: Justice, société
PARIS (AFP) - Les députés de gauche ont mis en garde mardi contre le risque d’un “enlisement” en Afghanistan et contre “l’alignement” sur les Etats-Unis engagé selon eux par Nicolas Sarkozy, en défendant une motion de censure, la première du quinquennat, qui, sans surprise, a été rejetée.
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La motion, défendue au titre de l’article 49-2 de la Constitution sur une initiative du PS, n’a recueilli que 227 voix, loin de la majorité actuellement requise de 288 voix. Toutes les motions de censure déposées depuis 20 ans ont été rejetées.
La gauche a fait le plein des voix. Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a lui aussi voté la motion pour “que les Français sachent qu’il y a encore des gaullistes à droite”, condamnant un alignement sur Washington et l’envoi “de soldats à la boucherie” en Afghanistan.
En revanche, François Bayrou (MoDem), après avoir hésité sur la démarche à adopter, ne s’est pas associé à cette motion, estimant qu’Afghanistan et Otan “méritent des réponses différentes”.
Défendant la motion à la tribune, le patron du PS, François Hollande, a exprimé le “double refus” de la gauche au “changement de nature de notre engagement en Afghanistan” et à “l’intégration de la France dans l’Otan”.
Applaudi par la gauche, il a alerté contre le risque “d’enlisement” et “d’engrenage” à Kaboul. Quant à l’Otan, “nous allons y perdre en indépendance ce que nous ne gagnerons pas en sécurité”, a-t-il lancé.
Plus incisif encore, Noël Mamère (Verts) a affirmé que la “guerre” en Afghanistan n’était “pas gagnable parce que ses méthodes, ses objectifs, son contenu sont entièrement dirigés à partir des orientations de guerre préventive voulues par George Bush”.
“On aurait presque envie de dire: MM. Chirac et Villepin, revenez, ils sont devenus fous !”, a-t-il lancé au gouvernement et à la majorité.
Fustigeant un “anti-américanisme primaire”, François Fillon, lui aussi très applaudi par ses troupes, a longuement -45 minutes- récusé toute dérive atlantiste de la France, accusant à son tour la gauche de ne pas avoir de “plan sérieux” pour l’Afghanistan et de faire preuve de “conservatisme et de repli frileux”.
“Qui peut croire un instant que nous mettions le sort de nos forces en Afghanistan en balance avec l’avenir de l’Otan, qui peut croire que les décisions du président s’attachent aux desiderata des Etats-Unis ou de n’importe quelle autre puissance?”, a-t-il lancé en s’employant à convaincre son camp, gaullistes et souverainistes surtout, du bien-fondé du virage amorcé par le chef de l’Etat.
En écho, Jean-François Copé (UMP) a lui aussi estimé qu’il ne fallait pas “opposer l’Otan et la défense européenne” mais les rendre “complémentaires”.
Saluant la présence militaire en Afghanistan au nom de la “lutte contre le terrorisme”, il a dénoncé, sept ans après “l’Union sacrée” de 2001, une opposition “figée dans ses conservatismes” qui “fuit ses responsabilités” et “recule face aux difficultés”.
“Préconisez-vous le retour des talibans à Kaboul, avec leur cortège d’horreurs: lapidation, soumission des femmes, bannissement de l’éducation et de la santé, négation de la culture?”, a lancé M. Copé, qui n’en a pas moins réclamé “une évaluation régulière des résultats obtenus sur place” par l’Otan.
Se posant en allié inconditionnel sur ce terrain, François Sauvadet (Nouveau Centre) a pleinement approuvé les orientations élyséennes et estimé que les soldats n’avaient “pas besoin de censure mais de soutien”.
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Taggé: OTAN, Assemblée Nationale, Afghanistan, Politique étrangère, Motion de censure
Les symboles comptent. En politique comme ailleurs, on ne les malmène pas sans risque. Depuis 1966, la France ne fait plus partie du commandement intégré de l’OTAN (l’Organisation du traité de l’Atlantique nord) tout en étant restée membre de l’alliance politique constituée autour des Etats-Unis pour faire face à l’URSS durant la guerre froide. De Gaulle a jugé, il y a quarante-deux ans, que le maintien de la France dans une structure militaire dominée par Washington était une atteinte à la souveraineté nationale. Depuis, cette posture d’allié de l’Amérique pas tout à fait comme les autres est l’un des marqueurs de l’identité française en politique étrangère. Un symbole, en somme, un des éléments du consensus national. C’est à ce symbole-là que M. Sarkozy s’apprêterait à porter atteinte.
Le chef de l’Etat l’a redit jeudi 3 avril à l’issue du sommet de l’OTAN réuni à Bucarest : Paris envisage de réintégrer, en 2009, le commandement militaire de l’Alliance. En France, à gauche comme à droite, certains y voient un crime d’”alignement bushiste”, le retour à un statut de vassal des Etats-Unis ; ils stigmatisent la trahison d’un héritage gaulliste jamais encore remis en cause.
La réalité est plus complexe. D’une part, c’est le président Jacques Chirac qui, le premier depuis de Gaulle, caressa en 1995 l’idée d’un retour de la France dans la structure militaire intégrée de l’OTAN. D’autre part, des officiers français participent en permanence ou presque à tous les commandements intégrés ad hoc mis sur pied par l’OTAN pour assurer différentes missions depuis la fin de la guerre froide. Justement, dira-t-on, quel intérêt à vouloir officialiser un retour plein et entier dans l’OTAN ? Quelle raison supérieure peut justifier un renoncement à une posture politique - membre de l’OTAN, mais pas à part entière - qui a façonné la singularité de la France sur la scène internationale ?
MM. Chirac et Sarkozy partagent cette conviction : l’Europe ne jouera un rôle dans le monde que si elle se dote d’une politique de défense. Problème : les partenaires européens de la France restent attachés à l’OTAN. Ils veulent être assurés que l’Europe de la défense ne se fera pas contre l’OTAN. C’est aussi la position sourcilleuse de Washington.
Sur la défense, les Européens ne suivront la France que si elle cesse de manifester sa défiance à l’égard de l’Alliance. D’où l’idée de leur donner un gage en rejoignant le commandement intégré, dès lors que les Etats-Unis ne s’opposeront plus à une Europe de la défense coexistant avec l’OTAN. George Bush a prononcé à Bucarest un discours en ce sens. Avant de revenir sur la décision de 1966, M. Sarkozy devra obtenir de vraies garanties américaines, des gestes, pas seulement un discours. Et soumettre ce changement de cap au Parlement.
Article paru dans l’édition du Monde, du 05.04.08. (Edito)
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Taggé: OTAN, Politique étrangère
Deux jours après les résultats des élections municipales on ne peut que se réjouir de la progression significative de la gauche au niveau national (Toulouse, Metz, Evreux, Strasbourg, etc.). De bon augure pour les élections sénatoriales ? En tout cas révélateur d’un ancrage local que construisent le PS et la gauche.
Plus près de nous, la reconduction de Bertrand Delanoë est une victoire. Reste le cinquième arrondissement. Grâce à une campagne très active et constructive nous ne sommes jamais passés aussi près de la victoire avec Lyne Cohen-Solal. Jusqu’à croire qu’elle était acquise pendant la soirée des résultats, cruelle désillusion.
Saluons tous ceux qui ont participé à cet espoir, dans la rue, sur internet, aux tribunes etc.
Et maintenant ? Après deux grandes périodes d’élections (présidentielles, législatives 2007 et municipales 2008). Le PS va se retrouver face à lui-même et surtout face à sa nécessaire refondation après le congrès.
Il y a quelques mois, au lendemain des présidentielles et législatives, j’ai vivement craint l’absence de refonte du PS avant les municipales. Cela n’a pas eu lieu et pourtant cela n’a pas empêché le succès que l’on sait.
Si je devais tirer un enseignement de cela c’est que le PS et la gauche réussissent quand ils sont unis derrière des projets. C’était pourtant l’évidence.
Pour refonder, on doit sûrement s’attacher à la façon de faire de la politique par l’introduction de méthodes nouvelles (on pense notamment aux débats participatifs organisés par Ségolène Royal) mais cela doit aussi passer par le rassemblement autour d’un projet clair qui n’ignore aucun des courants. Qui peut réellement penser que le PS de demain pourra se faire sans tenir compte d’un Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn etc. ? En dehors des affinités de chacun, ce rassemblement doit se faire autour d’idées pour un projet clair.
Ce dernier devra permettre de faire du PS ce que Julien Dray nomme « la colonne vertébrale de la gauche ». Le Modem comme il l’a expérimenté à Paris, doit s’y faire, ce sera à lui de rejoindre notre projet s’il le souhaite et non à nous d’aller le chercher. Or, ce projet, qui sera fédérateur, demandera de l’énergie et du temps. Vitesse n’est pas précipitation et hier comme aujourd’hui ce que nous apprennent ces élections c’est peut être qu’il était, et qu’il est, urgent d’attendre.
Maintenant nous devons donc construire ce projet. Dans ce contexte les Sections Universitaires ont pleinement leur rôle à jouer. Le modèle des sections d’entreprises sur lequel elles reposent, nous permet, d’une part un mélange social plus important que dans les sections locales dépendantes de la mixité sociale du lieu où elles sont implantées et d’autre part d’être moins assujetties aux clivages locaux.
Les Sections Sorbonne, ENS et Science Po, porteuses d’un modèle de section minoritaire, sont donc une chance pour le PS dans cette refondation. L’alliance de Grandes Ecoles et d’Universités doit être vue comme une chance unique. Des Forums aux groupes de travail en passant par le journal des Sections Universitaires « Allons voir si la Rose », cette mixité au sens large (intellectuelle, sociale, culturelle) est un atout indéniable qui fait notre attrait et notre force. Cela implique que nous agissions ensemble mais aussi que nous cultivions nos différences.
Ainsi la Section Sorbonne doit continuer dans sa voie. Après une naissance fin 2006 dans un contexte d’élections dans lequel elle a été très active, elle a du renouveler son bureau fin 2007. Bien sûr elle a subi une certaine désaffection comme le reste du PS suite aux élections. Cependant les renouvellements de cartes ont été, en proportion, plus nombreux que dans le reste du PS. La section a su attirer de nouvelles personnes qui souvent ont pris « leur carte » pour la première fois et l’on ne peut que s’en réjouir. En 2008, nous continuerons à progresser dans nos propositions et il sera primordial de renforcer la visibilité de notre action. L’éventualité de nouvelles élections du bureau suite au congrès doit aboutir à appuyer cette démarche. En attendant, nous continuerons à agir et nous devrons nous développer, passer les difficultés passagères, non pas pour notre égo, mais pour demain.
Jean-Baptiste REYNAUD
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